Nous, avec Bruno avons avancé le départ à 6h. 6h15 le sac est près avec le ravitaillement, le départ est imminent, invitée surprise absolument pas prévu par les satellites de météo France : la pluie ! Route déserte, direction l’Italie, enchantés par ce qui nous attend certains et surtout certaines ne comprennent pas comment il est possible d’aller perdre une journée à attendre pour voir un mec chanter ! Un peu plus de 200km et la route est détériorée, étroite pas très propre, pas de doute nous sommes chez les « ritals ! » Banlieue de Turin, il nous faut trouver le Stade Olympique, le stade de la « Juve » quelques panneaux pas très visibles indiquent « Stadio » nous suivons, et nous tergiversons. Il me faut ressortir mon italien scolaire « Scusate sono perduto dov’è lo stadio olimpico ? » Chose étonnante j’arrive à comprendre l’explication, la direction est derrière nous. Quelques km, quelques minutes le stade en plein centre ville nous attend, mais déjà d’autres attendent aussi ! La voiture est stationnée dans la rue voisine, chanceux ! Sur l’esplanade à première vue c’est le bordel, des groupes sont constitués de part et d’autre. Nous demandons comment l’attente est organisée, sympa le bonhomme, il nous conduit à proximité du dernier groupe constitué, sur notre main « la ragazza » nous numérote n° 624 et 625 et ajoute notre nom au bas de la liste. Notre groupe est pris en charge par « un ragazzo » en tee-shirt bleu. Je suis étonné pas de gros bras avec des brassards de sécurité. Je comprends les explications, nous allons être parqués par groupe de 200 personnes. Je suis un peu déçu car je pensais qu’en arrivant à 9h nous serions dans les 500 premiers, mais les minutes s’égrainent et l’affluence gonfle rapidement. J’apprends que les 1000 premiers pourront rentrer dans le « pit » A proximité des portes d’entrée nous installons notre campement pour plusieurs heures, le soleil n’est pas trop ardent, ciel légèrement voilé, la température est tout à fait supportable. Nous sommes harcelés par les vendeurs de tee-shirts, de chapeaux et de merdes en tout genre. Nous avons profité des toilettes publiques pour uriner car ce souci reste essentiel et pas facile à gérer, boire mais pas trop. Les heures tournent, un petit roupillon nous nous couchons à même le sol comme des sdf. A vue de nez nous sommes en milieu de queue, pas si mal finalement, mais le rêve de me poster sur la plate-forme du milieu s’éloigne et celui de toucher la chemise, la guitare, les bottes du Boss aussi. Nous apprécions cette petite bière à 5 euros les 30cl ! On nous a laissé entendre que la remise des sésames « des bracialetto » officialisant notre présence dans le « pit » se fera entre 12 et 14h. L’encas est ingéré, sandwich, melon, olives, fruits. Greg et Céline arrivent, et apparemment n’auront pas de bracelet car la numérotation s’est arrêtée vers 1200 personnes, on discute rapidement et on se donne rendez-vous après le concert à proximité des statues se trouvant devant l’entrée principale du stade pour faire le bilan. Nouveau petit mouvement de foule, tout le monde se lève d’un coup d’un seul « qu’est-ce qui se passe ? Rien. » Nous somnolons, le mur à côté de nous est parfait pour nous ombrager, certaines italiennes arborent un bikini et laissent entrevoir leur méforme. La distribution des bracelets se précise, sécurité officielle et fan organisateur passent à travers les rangs, les bracelets sont verts, ouverture des portes vers 16h et entrée par groupe de 100 ou 200. Retour en station couchée ou assise, nous nous retrouvons avec quatre français sympas et on discute de quoi à votre avis ? Coup de feu debout, Bruno qui dormait est réveillé en sursaut et a du mal à émerger je le secoue « faut y aller ! » debout, courir et gratter quelques places si possible. Ça se bouscule, ça gueule, ça crie, je me retourne Bruno à quelques mètres de retard du à son réveil brutal. Nous sommes arrêtés plusieurs fois par groupe effectivement, nous parcourons les coursives du stade de la Juve ! l’entrée est imminente ! Mais combien sont-ils déjà devant la scène ? Trop sûrement. Nous nous postons devant la scène, exactement devant Steve, comme les autres fois d’ailleurs, distance estimée cinq mètres de la balustrade. Encore pas moins de quatre heures d’attente, notre voisinage a changé, nouvelles connaissances. Nous avons un petit mètre vital, nos postures varie entre assis, debout, assis, debout. L’étau se resserre, allez aux toilettes est un exploit que nous avons réussi en vingt minutes les cabines chimiques forcément dégueulasses sont à l’autre bout du stade. L’ambiance monte, tout comme les techniciens des lumières qui rejoignent leurs postes au-dessus de nos têtes. La foule est devenue compacte, nous avons gagné plusieurs mètres autrement dit je suis à moins d’un mètre ! Mais comme toujours devant moi c’est Gigi : un arbre ! 20h30 le stade est rempli comme un œuf, 60000 personnes peut être, chaque minute écoulée nous rapproche de l’instant magique. Peu de retard 20h45 ou 20h50, c’est parti « Torino ! Torino ! Torino ! » Suivi de « Loose ends » en ouverture, sans échauffement nous sommes déjà dans le vif du sujet. Je suis surpris pas ces italiens, qui ne touchent pas un mot d’anglais dans une discussion et là qui chantent du début à la fin des chansons. En chantant et sautant je me suis décalé légèrement sur la droite afin de ne plus avoir mon tronc d’arbre devant moi, je suis derrière une petite « vieille » chiante qui fouille dans son sac pour prendre et reprendre son appareil photo, et comme ça pousse pour me faire reculer elle me donne des coups de cul ! Elle m’engueule à plusieurs reprises et à mon tour je lui fais comprendre que je ne suis pas tout seul dans le stade ! Monsieur Springsteen est comme d’habitude proche de nous, faisant chanter une demoiselle sur « Waitin’ on a sunny day » déposant une bise sur un front, et faisant danser avec difficulté sur la scène une gamine de douze ans environ. Je sens venir une crampe dans le mollet droit, on contrôle car pas de répit, on enchaîne titre sur titre. Mon voisin m’explique que le concert est dix fois mieux que celui de Rome. Les gorilles tatoués et musclés de la sécurité ne se retourneront pas une fois pour regarder le spectacle, et répondent présent lorsque nous réclamons une bouteille d’eau. Les bonnes choses ont une fin hélas, 26 chansons, et presque trois heures de show, au revoir à la prochaine oui mais quand et où ? Réconciliation avec la petite devant moi, embrassade et photo souvenir. La bière fraîche à 5€ est très bien venue et nous désaltère grandement. Les oreilles sifflent, un petit groupe de français se retrouve : « Alors ? » « Bah ! Grandiose ! Grandissimo ! » Greg et Céline nous attendent à la sortie, on bavarde, idem ils sont sous le charme, Bruno est estomaqué par la performance et déjà la réservation est faite pour le prochain concert. Retour à la maison, car nos femmes s’inquiètent, après une pizza, dodo à quatre heures. Vive le E Street Band !
Set list du concert (cliquez ici)