mercredi 18 février 2009

Parc des Princes 27 juin 2008



Nous y sommes, Vendredi 27 juin (2008) le réveil sonne, 5h15. J’attends, (on attend) ce moment depuis le dernier concert, et en l’occurrence celui du 17 décembre, Bercy. Il m’est impossible qu’une journée s’écoule sans sa voix puissante, sans le son d’un accord de sa légendaire et immortelle Fender, pas un jour sans entendre le rythme de la percussion de Max, pas un jour sans la puissance du sax de Big Man, et encore moins sans le talent de Nils, Professor, Suzie, Steve, Garry et le regretté Phantom Dan.
Je déjeune à toute hâte, et le thermos de thé me suffira pour survivre dans le train avec quelques victuailles. Je vérifie pour la cinquième fois en moins d’un quart d’heure peut être que j’ai le billet, c’est bon. Personne sur la route, la journée semblera chaude encore en Savoie, le ciel est bleu, je passe devant le Mont Blanc, il est majestueux, mais Bruce sera mon point culminant de ma journée. Le train est déjà en gare, départ 6h22. Ma voisine enceinte poursuit ses rêves. Je m’installe, vérifie encore une fois, j’ai mon billet. J’ai prévu un bouquin, de quoi écrire, mais il n’en sera rien je suis obnubilé. Le TGV n’avance pas, comme d’habitude entre Chambé et Lyon un vrai tacot. J’espère cependant qu’il n’y aura pas de retard, j’aimerais être sur place à 11h maximum. Je me remémore ce que je dois faire dès mon arrivée en Gare de Lyon ; Bus, prendre les clefs chez mamie, la voiture chez maman et foncer au stade des loosers !
Soudain mon oreille est accaparée par quelques mots clefs ; Big Man fatigué, Milan San Siro… Je me retourne, « Vous y étiez ? ». Deux fans savoyards, dont Eric, aficionados avec quelques concerts en plus. « Milan c’était génial, 29 chansons plus de 3h de concert ! » Bande de veinards pensais-je, moi je n’ai pas pu. Echange de portable, on s’appelle quand on est au Parc.
Le train nous débarque dans la capitale, la température est fraîche, à peine 20°c, je n’ai pas prévu de sweat, et apparemment quelques éparses averses sont attendues. Mon programme s’enchaîne sans accroc, ma grand-mère me glisse un petit billet de 10 dans la poche, il me servira en fin de soirée pour 50cl d’eau et de coca ! Je roule sur le périph au volant de la C3 bleue, je recherche sur l’autoradio RTL2 dans l’espoir d’avoir quelques notes du E.Street Band, en vain. Mon portable retentit (sonnerie Radio Nowhere) Eric rencontré dans le train est déjà sur place : « Y a pas beaucoup de monde encore, on se retrouve »Je me stationne à moins de 200m du stade, et prends le risque d’avoir un PV cela me coûtera moins cher qu’un parking souterrain à 25 euros la journée.
Devant le stade personne, des barrières, j’appelle Eric et il m’explique que la queue est dans la rue non loin de l’entrée pelouse. Effectivement je remarque derrière une rangée de barrières impressionnante un attroupement. Certains ont un numéro écrit au marqueur sur la main, moi pas, « merde ! » mais je ne dois pas être le seul pensais-je. Je suis dans mon timing il est 11h. La sécurité toujours représentée par des gros mecs costauds et aux petits cerveaux sont nerveux, ça pousse un peu, la banane aura une drôle de gueule. On nous explique qu’il y a de la place pour tout le monde et que nous allons être parqués, un bracelet nous sera remis afin d’être placé dans le « pit ». Les barrières s’ouvrent, mouvement de foule, le stress, la peur d’être mal placé, de ne rien voir, de ne pas être aux premiers rangs du « pit » ça gueule « poussez pas ! » Dans ce labyrinthe de ferraille, le « serpent humain » déambule pour trouver place. « Assis ! » meugle le responsable de la sécurité, polo bleu, visiblement pas très intelligent et donc absolument pas diplomate. Je fais connaissance avec Mélanie. Jérôme mon pote de toujours a réussi à me rejoindre arrivé un peu plus tard du Mans. Ma petite angoisse ; gérer le pipi, boire mais pas trop, et pourtant je sais que dans la fosse on aura très soif. Par chance la température fraîche pour la saison, ne nous accable pas et je peux me rationner. Les heures passent finalement pas si lentement que ça, en discutant autour de nous, de Bruce forcément, de sport de rien et de tout. Finalement il n’y a que des amis ! Je n’ose pas rejoindre Eric et son copain placé bien devant. Nous avons notre bracelet jaune, une première pour moi. On grignote le sandwich mou préparé la veille, partage les chips avec les autres. Début d’après midi on entend quelques accords « livin’ in the future », bizarrement je pensais qu’il y aurait manifestation du public. A nos côté une maman a emmené pour la première fois sa fille adolescente, sur la bannière « stars and stripes » elle écrit au marqueur les titres que lui souffle sa mère. On regarde autour de nous, nous sommes bien placés dans les premiers finalement, derrière c’est complet.
On ne sait pas pourquoi d’un coup tout le monde se lève, nous sommes seulement à une heure de l’ouverture des portes. Panique, certains sortis auront du mal à regagner leur compagnon. Le ciel se couvre et quelques gouttes s’écrasent. Toute la sécurité se met en place, police montée, véhicule anti-émeute, CRS… j’oubliais nous sommes au Parc des Princes et les débordements ici ils connaissent dans le quartier, mais nous ne sommes pas des marseillais !!! Que de monde pour nous encadrer. Calmement on avance, les espaces disparaissent, nous approchons… Fouille succincte, j’abandonne ma bouteille d’eau. On enjambe les quelques marches, la scène est à l’opposé. Seul on oubli celui avec qui on discutait auparavant, on veut être devant. Le « pit » est ouvert, j’ai le bracelet jaune, on se pose, distance approximative de la scène 3m, c’est bien ! Premier réflexe aller aux chiottes rapidement avant que le reste de la foule nous empêche d’y accéder. 17h20, encore trois heures à tuer, c’est rien. Difficile de s’asseoir les espaces deviennent de plus en plus restreints, certains veulent nous griller, mais gentiment on leur fait comprendre que nous on est là depuis ce matin et que leur progression s’arrêtera. Je regarde Mélanie, elle n’est pas très loin, Eric et son pote devant la plate-forme centrale il aura probablement l’occasion de toucher sa guitare, ses bottes, son pantalon, sa main. Business oblige on nous propose de l’eau 3euros 50cl, et 6 la bière ! Nouveaux amis, encore une maman avec ses deux grandes fille. Karine il me semble jolie blonde souriante quadra, venue avec son père la soixantaine, elle profitera de ses atouts pour nous griller quelques places. Le temps semble interminable, encore une heure, finalement la plus longue. Le public impatient commence à se faire entendre, chacun à son tour lance des applaudissements repris par tous. Les singes arrivent ! Les « poursuiteurs » un à un monte par les échelles regagner leur poste. Combien sont –ils ? Beaucoup, j’ai compté treize ou quinze. Les « roadies » viennent vérifier le son, plaquer trois accords de guitare, Keene dixit un « ami » apparemment son nom est le plus connu celui qui s’occupe des guitares de Bruce. Voici les cameramen, et en l’occurrence devant nous une « camerawoman ». On vient coller la « setlist » aux pieds des micros, notre menu pour ce soir ! L’ambiance monte, les esprits s’échauffent ! Le stade se remplit lentement, « putain à l’autre bout on ne doit rien voir ! » Nous n’avons pas eu la chance du Stade de France en 2003 à savoir une mise en bouche du patron quelques chansons à la gratte. « J’aimerais bien qu’il joue « Adam raised the cain » entends-je derrière moi.
La bande musicale cesse, c’est parti ! Les E-Streeters entrent sur scène un par un, la bronca du public est assourdissante, sobrement pas de feux d’artifice, tous regagnent leur instrument en nous saluant, et les deux derniers Big Man soutenu par Monsieur Springsteen. Notre saxophoniste semble fatigué, les dires d’Eric se confirment, sa mobilité semble difficile.
Vœu exaucé « Adam raised the cain » en ouverture! La comparaison pour moi n’est pas de trop, comme un orgasme ! On ne pense plus à rien, déjà la sueur coule sur mon front, et j’ai oublié mon mal de jambe du à ces heures passées debout depuis la matinée, je vis un des plus beaux moments de ma vie pour seulement hélas la sixième fois. Pas d’échauffement préalable dans le vif du sujet et cette première heure de concert est exceptionnelle, un seul morceau de « Magic » sera joué « Radio Nowhere ».
Toujours aussi prêt du public, allongé sur la plate-forme, serrant des mains, et cette gosse 8 ans peut être les yeux écarquillés, grands comme des ballons, sur les épaules de son père tendant la main au maître de cérémonie, il lui déposera une bise. Pour le reste il viendra nous demander nos souhaits en récoltant les cartons de chacun dans la foule. Je ne peux m’empêcher de penser que chaque chanson réalisée est une de moins qui nous rapproche de la fin, je voudrais un concert de 4h, comme dans les année 80 que je n’ai pas eu la chance de connaître. J’ai le souffle coupé, l’acide lactique sature dans mes jambes semblable à un bon footing, je ne me dois pas de m’arrêter de sauter de chanter (tant pis pour les paroles !) car je le regretterai et l’idée de me dire que je n’ai pas vécu pleinement l’instant me hanterai. Les chansons s’enchaînent sans répit, et comme je le lisais dans un article de presse elles finissent toutes par : one, two, three, four car la prochaine a déjà commencé. Il est en forme le bougre ! Comment fait –il ? Ses musiciens semblent un peu « éteints » notamment Steeve qui d’ordinaire envoi du gros aussi. Ou trouve t-il cette énergie tous les trois jours depuis une année depuis des décennies ! Quel respect pour nous, merci. D’autres ne jurent que par Johnny, foutaise ! D’autres par les Stones ; concerts formatés, Police 120euros 1h30 de concert rappel compris ! Evidemment je ne suis pas objectif mais soyons réaliste, personne sur cette terre ne nous donne autant.
Il fait chaud, les verres d’eau circulent chacun tour à tour buvant une gorgée, elle est dégueulasse cette eau du PSG ! Mais à défaut elle nous rafraîchie. « Badlands » interminable que j’ai trouvé plus fort que « Born to Run » bien que… tout le stade allumé ! Le « pit » s’embrase à chaque chanson, étonnement je ne trouve pas le son si fort, il faut dire que nous sommes tellement prêts que les rampes suspendues de la sono son presque derrière nous ! Il ramasse un carton collecté dans la foule, « Fire », Max se plantera et commencera par l’intro de « I’m on fire » dommage nous n’avons pas eu la deuxième en prime.
Déjà le rappel au bout de 2h, j’ai espéré que nous étions partis pour une gros 3h vu la tournure du début ou très peu de morceaux de Magic ont été joués. Sentant le fin proche je donne encore mes quelques forces qui me restent, 3/4h de rappel, unique rappel, et rien n’y fera. La pluie s’invite sur la dernière, je gueule autour de moi pour réclamer sans grande conviction « Who’ll stop the rain » on se sait jamais… en vain. Je regrette toujours un peu la timidité du public qui abandonne trop tôt pour le voir revenir, il paraît qu’en Italie, Espagne ils chantent, nous en France il y a encore du boulot !
La fête est finie, les instruments sont déjà emballés, et la scène se démonte en un tour de main. Je réclame une bouteille d’eau à la « videowoman » ne me comprenant pas dans le brouhaha me donne la « setlist options » je la garderai en souvenir avec mon billet et le bracelet jaune. Je regarde autour de moi, point de Mélanie, et d’Eric. Les oreilles sifflent, le stade se vide, chacun s’en retourne avec ses souvenirs, à quand le prochain ? Merci pour ce moment inoubliable une fois encore, ces quelques lignes me permettent de poursuivre le rêve.

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